
Douleurs ligamentaires pendant la grossesse : causes, signes et comment les soulager
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Temps de lecture 10 min
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Vous ressentez des tiraillements dans le bas-ventre, des douleurs dans l'aine ou une gêne au niveau du bassin ? C'est souvent une des premières choses qui surprend pendant la grossesse : le ventre qui tire, parfois dès les premières semaines, sans que l'on sache vraiment pourquoi. Rassurez-vous, dans la grande majorité des cas, il s'agit de douleurs ligamentaires, un phénomène tout à fait normal lié à la croissance de l'utérus. On vous explique tout.
Sommaire
Les douleurs ligamentaires sont très fréquentes pendant la grossesse, elles résultent de l'étirement des ligaments qui soutiennent l'utérus.
Elles peuvent survenir du début à la fin de la grossesse, avec des pics souvent en fin de premier et troisième trimestre.
Elles n'ont aucune conséquence pour la maman ni pour bébé.
Certains gestes simples suffisent à les soulager au quotidien.
Un doute ? Un mal de ventre pendant la grossesse peut avoir d'autres causes : contractions, infection urinaire, problème digestif. En cas d'incertitude, on en parle à sa sage-femme ou à son gynécologue.
Pour comprendre d'où viennent ces douleurs, un petit rappel anatomique s'impose. L'utérus n'est pas suspendu dans le vide : il est maintenu en place par des ligaments qui le relient aux os du bassin. Pendant la grossesse, l'utérus grossit considérablement pour accueillir bébé. Plus il grandit, plus les ligaments qui le soutiennent s'étirent. Et plus ils s'étirent, plus ça tire.
En plus de ça, les hormones de grossesse, notamment la relaxine, contribuent à assouplir les tissus ligamentaires du bassin pour préparer le corps à l'accouchement. Ce relâchement hormonal est indispensable, mais il rend aussi les ligaments plus sensibles.
Ces deux phénomènes combinés expliquent les sensations parfois surprenantes que beaucoup de femmes enceintes ressentent : tiraillements, pincements, petites décharges électriques dans le bas-ventre ou dans l'aine, qui peuvent parfois irradier jusqu'aux cuisses ou dans les fesses.
Les douleurs ligamentaires se localisent principalement dans le bas-ventre, le pubis, les aines et le périnée. Elles peuvent aussi irradier vers le haut des cuisses ou descendre dans les fesses, ce qui les fait parfois confondre avec une sciatique.
Les sensations varient beaucoup d'une femme à l'autre :
de simples tiraillements diffus
des pincements plus vifs et localisés
des sensations de picotements
des décharges électriques brèves et intenses
parfois une impression que bébé est très bas, ou qu'il "tire vers le bas"
Les douleurs ligamentaires surviennent souvent lors de mouvements brusques : se lever d'un bond, tousser, éternuer, changer de position rapidement. Elles peuvent aussi apparaître en fin de journée après une longue période debout, au réveil le matin, ou en période de fatigue. Et contrairement aux contractions, le ventre ne durcit pas.
Les douleurs ligamentaires peuvent survenir du début à la fin de la grossesse, mais avec des intensités plus ou moins variables selon les trimestres.
En début de grossesse (1er trimestre), elles peuvent apparaître dès que l'utérus commence à prendre du volume, parfois dès les premières semaines. Certaines femmes les ressentent très tôt, d'autres pas du tout à ce stade.
Au 2ème trimestre, elles ont tendance à s'accentuer, particulièrement autour de la vingtième semaine quand la croissance de l'utérus est rapide. C'est souvent à ce moment-là qu'elles deviennent vraiment perceptibles au quotidien.
En fin de grossesse (3ᵉ trimestre), elles peuvent reprendre de l'intensité. La relaxine est alors très active pour préparer le bassin à l'accouchement, et le poids de bébé exerce une pression croissante sur les ligaments utérins. En fin de grossesse, certaines femmes développent ce qu'on appelle le syndrome de Lacomme, une forme plus intense de douleurs ligamentaires au niveau de la symphyse pubienne, l'articulation qui relie les deux os du bassin. Chaque pas peut alors devenir douloureux. Ce syndrome touche davantage les femmes ayant eu plusieurs grossesses.
Cela varie vraiment d'une femme à l'autre. Certaines ne les ressentent qu'épisodiquement sur quelques semaines, d'autres les ont pratiquement tout au long de la grossesse. Une même femme peut avoir eu peu de douleurs à sa première grossesse et beaucoup à la deuxième, ou l'inverse.
Elles s'estompent généralement après l'accouchement, quand l'utérus reprend progressivement son volume et sa place. Certaines femmes ressentent encore quelques tiraillements pendant quelques jours ou quelques semaines en post-partum, ce qui est normal.
C'est la question que se posent beaucoup de femmes enceintes, et elle est complètement compréhensible. Les deux peuvent être ressenties dans le bas-ventre et il n'est pas toujours facile de les distinguer, surtout lors d'une première grossesse.
Les contractions, qu'il s'agisse de contractions de Braxton Hicks (fausses contractions) ou de contractions de travail, ont un signe facile à reconnaître : le ventre durcit au toucher. C'est une tension qui envahit tout l'abdomen, par vagues, pendant quelques secondes. Les contractions de Braxton Hicks sont indolores ou peu douloureuses, irrégulières, et ne s'intensifient pas avec le temps.
Les douleurs ligamentaires, elles, ne font pas durcir le ventre. Elles sont plus localisées, souvent déclenchées par un mouvement ou un effort, et ont tendance à être continues plutôt que rythmées par vagues. Elles peuvent se situer d'un seul côté ou des deux, et irradier vers l'aine ou les cuisses.
la marque en moins, le conseil en plus : un doute persiste sur l'origine de vos douleurs ? N'hésitez pas à appeler votre sage-femme ou votre gynécologue. Pendant la grossesse, un mal de ventre peut aussi être le signe d'autre chose : une infection urinaire (fréquente pendant la grossesse), un problème digestif, ou des contractions réelles. Mieux vaut un coup de téléphone de trop qu'une inquiétude gardée pour soi.
Il n'existe pas de traitement médicamenteux spécifique pour les douleurs ligamentaires. Les antalgiques sont peu efficaces sur ce type de douleur et doivent de toute façon être évités sans avis médical pendant la grossesse. En revanche, plusieurs astuces peuvent vraiment vous aider.
La ceinture de grossesse est souvent la solution la plus efficace au quotidien. En soutenant le ventre et en redistribuant le poids vers l'avant, elle soulage la traction exercée sur les ligaments utérins. Elle se porte discrètement sous les vêtements et fait une vraie différence pour les femmes qui restent longtemps debout.
Éviter de porter des charges lourdes. Ça semble évident, mais c'est vraiment l'un des premiers réflexes à adopter. Chaque effort de soulèvement augmente la pression sur les ligaments. Si vous avez des enfants en bas âge à porter, parlez-en à votre entourage pour trouver des solutions d'organisation.
La chaleur aide à détendre les muscles et les ligaments. Une bouillotte enveloppée dans un tissu (jamais directement sur la peau), un bain, une douche chaude sur le bas du dos... ces petits gestes apaisent souvent assez bien.
La position pour dormir enceinte fait une vraie différence. Sur le côté, placez un coussin sous votre ventre pour le soutenir et réduire la traction. Sur le dos, jambes légèrement repliées avec un coussin sous les genoux, ça peut aussi aider.
Évitez les mouvements brusques au quotidien. Pour vous lever du lit, tournez-vous d'abord sur le côté, puis poussez avec vos bras. Pour changer de position, faites-le lentement. Ces ajustements peuvent paraître infimes mais font vraiment baisser la fréquence des douleurs.
Une cure de magnésium peut être envisagée après avis de votre gynécologue ou sage-femme. Le magnésium joue un rôle dans la détente musculaire et une carence peut amplifier les douleurs. En attendant, vous pouvez aussi enrichir votre alimentation en aliments naturellement riches en magnésium : chocolat noir, amandes, riz complet, lentilles, bananes.
L'activité physique pendant la grossesse est aussi vraiment recommandée, même quand on a mal. La marche régulière (courtes distances si les douleurs sont intenses), la natation, l'aquagym ou le yoga prénatal sont particulièrement adaptés. Le yoga prénatal notamment permet de travailler en douceur sur l'ouverture du bassin, la respiration et la détente des zones tendues.
La bascule du bassin est aussi un exercice simple et très efficace pour soulager les tensions ligamentaires. L'idée : faire basculer le bassin vers l'arrière (dos rond) puis vers l'avant (dos creux), doucement et de façon répétée. On peut le faire à quatre pattes sur un tapis, assise sur une chaise en gardant le dos droit, ou encore sur un ballon de grossesse, qui permet des mouvements plus fluides et plus profonds. Sur le ballon, vous pouvez aussi faire de petits cercles des hanches dans un sens puis dans l'autre : c'est particulièrement agréable quand les douleurs sont importantes. Quelques minutes par jour suffisent pour sentir une différence.
L'ostéopathie peut aussi apporter un vrai soulagement, en travaillant sur les tensions ligamentaires et musculaires et en améliorant la mobilité du bassin. Une ou deux consultations par trimestre sont souvent conseillées.
la marque en moins, le conseil en plus : si vous ressentez des douleurs ligamentaires importantes la nuit, essayez de placer un coussin de grossesse entre vos jambes et sous votre ventre : il maintient le bassin dans un alignement neutre et peut vraiment transformer vos nuits.
Les douleurs ligamentaires sont dans la grande majorité des cas bénignes et ne nécessitent pas de consultation en urgence. Mais certains signes doivent vous amener à contacter rapidement votre sage-femme ou votre gynécologue :
La douleur est très intense, constante, et ne s'améliore pas avec le repos.
Elle s'accompagne de fièvre.
Vous avez des saignements.
Vous ressentez des contractions régulières ou des nausées inhabituelles.
Le ventre durcit avec la douleur.
Vous n'avez plus senti bébé bouger depuis un moment.
La douleur survient au repos sans aucun mouvement déclencheur.
Et bien sûr, si vous avez un doute, même sans signe d'alerte, appelez. Votre sage-femme est là pour ça.
Les douleurs ligamentaires sont dues à l'étirement des ligaments utérins et sont tout à fait normales pendant la grossesse.
Elles peuvent survenir du 1er au 3ᵉ trimestre, souvent déclenchées lors d'un changement de position.
Le ventre ne durcit pas : c'est ce qui les distingue des contractions.
Ceinture de grossesse, chaleur, bonne position de sommeil et magnésium : ce sont les gestes qui font vraiment la différence.
On évite les charges lourdes et les mouvements brusques.
Un doute sur la nature de la douleur ? On appelle sa sage-femme, sans hésiter.
Principalement dans le bas-ventre, le pubis, les aines et le périnée. Elles peuvent aussi irradier vers les cuisses ou les fesses. Ces douleurs sont souvent unilatérales (d'un seul côté) ou bilatérales selon les femmes.
Elles peuvent apparaître dès le premier trimestre, s'intensifier autour du 2ème trimestre lors de la croissance rapide de l'utérus, et reprendre en fin de grossesse. Certaines femmes les ressentent tout au long de leur grossesse, d'autres de façon épisodique.
Ce sont des tiraillements ou des pincements dans le bas-ventre ou l'aine, souvent déclenchés par un mouvement brusque (toux, éternuement, changement de position). Le ventre ne durcit pas, c'est ce qui les distingue des contractions. Elles peuvent être vives et brèves, ou plus continues.
La ceinture de grossesse est souvent la solution la plus efficace au quotidien. On y ajoute : la chaleur locale (bouillotte, bain tiède), les bonnes positions de sommeil (coussin sous le ventre sur le côté) et une activité physique adaptée. Une cure de magnésium peut aussi aider sur avis médical. Enfin, attention, on évite de porter des charges lourdes !
Cela varie selon les femmes. Certaines les ont de façon épisodique sur quelques semaines, d'autres plus régulièrement tout au long de la grossesse. Elles s'estompent généralement après l'accouchement, quand l'utérus reprend progressivement son volume normal.
Les contractions font durcir le ventre et surviennent par vagues régulières. Les douleurs ligamentaires, quant à elles, ne font pas durcir le ventre, sont souvent déclenchées par un mouvement, et sont plus localisées. En cas de doute, appelez votre sage-femme.
Non. Les douleurs ligamentaires n'ont aucune conséquence pour le bébé ni pour la maman. Elles peuvent être inconfortables et parfois intenses, mais elles ne signalent pas de complication. Si d'autres symptômes s'y ajoutent (fièvre, saignements, contractions), consultez sans attendre.
Ça dépend de l'intensité et de la nature de votre travail. Si vous restez longtemps debout ou que vous portez des charges, les douleurs peuvent s'aggraver. Parlez-en à votre médecin ou sage-femme : dans certains cas, un arrêt de travail peut être justifié pour vous permettre de vous reposer.